EXPO – Bartholdi, l’Égypte et Champollion

Découverte du Musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine et de sa nouvelle exposition autour de l’œuvre magistrale d’Auguste Bartholdi : son monument à la gloire de Jean-François Champollion. À voir jusqu’au 19 juillet 2026 !

Monument à Jean-François Champollion
son histoire enfin dévoilée…

Le sculpteur français Auguste Bartholdi, reconnu mondialement pour avoir conçu la célèbre « Statue de la Liberté », est à l’honneur jusqu’au 19 juillet 2026 au Musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine. Au programme, une exposition dévoilant sa fascination pour l’Égypte ancienne et le processus qui l’a ainsi amené à créer l’un de ses chefs-d’œuvre, nouvellement installé dans les collections du musée : le Monument à Jean-François Champollion.

Monument à Jean-François Champollion par Auguste Bartholdi, marbre de 1875 © DR
Auguste Bartholdi, esquisse en terre cuite pour le monument à Champollion © Chr. Kempf - Colmar, musée Bartholdi
Dessin pour le monument à Champollion par Auguste Bartholdi © Chr. Kempf - Colmar, musée Bartholdi

Bartholdi, égyptologue dans l’âme ?

L’Égypte est un pays qui fait certainement rêver Bartholdi depuis sa plus tendre enfance. À sa naissance, cela fait tout juste 12 ans que Champollion a résolu l’énigme des hiéroglyphes. Il grandit avec ce héros des temps modernes et songe à pouvoir lui aussi, fouler à son tour la terre des pharaons.

C’est chose faite dès 1855. À seulement 21 ans, il s’embarque pour une première mission officielle en Égypte, en compagnie du peintre Jean-Léon Gérôme, afin d’étudier les antiquités, les vestiges et les populations locales en Orient. À travers ce voyage, qui marquera sa carrière à vie, il réalise plus de 200 dessins et une centaine de clichés de sites remarquables et de portraits. De ce séjour, il rapportera aussi une statuette à l’effigie du taureau sacré Apis, très populaire à l’époque, depuis la découverte d’une nécropole à Memphis par l’égyptologue Auguste Mariette. Il fera également l’acquisition, pour le moins originale, d’une momie égyptienne, qu’il s’amusera à dérouler, bande par bande, avec Gérôme, son compagnon de route.

Mais cette expérience en Égypte l’amènera surtout à l’idée de réaliser un monument à la gloire de Champollion, son héros d’enfance, et à développer sa réflexion sur l’art colossal, qui aboutira quelques années plus tard, à la fameuse « Liberté éclairant le Monde » (statue de la Liberté).

La création du « Monument à Jean-François Champollion »

En 1865, 10 ans après son retour d’Égypte, il convainc le maire de Figeac, ville natale de Champollion, de réaliser le projet d’une œuvre en mémoire de l’égyptologue. En vue de réaliser un bronze colossal, il produit alors plusieurs esquisses (en terre) et maquettes (en plâtre) qui montrent un Champollion en position debout, dans une posture de penseur, le pied gauche reposant sur la tête d’un pharaon. Il expose ensuite un premier modèle du monument en plâtre dans le parc égyptien de l’exposition universelle de Paris en 1867 avec l’objectif de faire financer le projet en bronze.

À droite, Auguste Bartholdi en Égypte vers 1855 © Chr. Kempf - Colmar, musée Bartholdi
L’œuvre de Bartholdi ne rencontre malheureusement pas le succès escompté et son idée de bronze n’aboutira pas faute de financement. L’artiste renonce ainsi à son projet pour la ville de Figeac mais sollicite l’État pour poursuivre son ambition. Il lui faudra attendre 1873 pour qu’on lui attribue un bloc de marbre, et qu’il puisse reprendre ses travaux. L’œuvre évolue vers un Champollion en réflexion qui pose son pied sur une tête de sphinx.

Deux ans après, en 1875, le marbre de 2,80 m de haut et de 80 cm de large, est enfin finalisé et exposé au Salon des Artistes français, et acquis par l’État pour la somme de 9000 francs soit l’équivalent de 7 452 € selon l’INSEE. Il prend ensuite ses quartiers en 1878 dans le vestibule de la salle des langues du Collège de France, avant d’être déplacé, 52 ans plus tard, dans la cour d’honneur.

Polémique sur la symbolique de l’œuvre

Bartholdi a construit son monument en référence à un Œdipe moderne, résolvant l’énigme du sphinx. Une métaphore qui était bien connue depuis le 17e siècle. Cependant, depuis une vingtaine d’années, cette posture est désormais décriée, car interprétée comme un Champollion colonialiste écrasant l’Égypte.

Chacun sa version de l’histoire, mais ce qui est sûr, c’est que cette œuvre qui existe depuis plus de 150 ans, n’a pas fini de faire parler d’elle… Pour la découvrir, rendez-vous au Musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine, à une heure de Paris en train, où elle est désormais installée en intérieur pour des raisons de conservation.

L’exposition Bartholdi, Champollion et le sphinx, retraçant l’histoire de cette œuvre magistrale, est à voir quant à elle jusqu’au 19 juillet 2026.

Informatiques pratiques

Bartholdi, Champollion et le sphinx – monuments publics en débat
Avec le soutien exceptionnel du Musée Bartholdi de la Ville de Colmar et du Centre national des arts plastiques

Tarif : 10€ tarif plein. Tarif réduit et gratuités à voir sur le site museecamilleclaudel.fr
Date : Jusqu’au 19 juillet 2026 du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h
Visite au Musée Camille Claudel
10 Rue Gustave Flaubert 10400 Nogent-sur-Seine
S’y rendre : en transport en commun et en voiture
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