Deux semaines de fouille en poésie

ArkéoTopia | 06 Mars 2026 | Les Plumes du Patrimoine

À travers Deux semaines sous la terre, Tess Branchut livre un témoignage poétique sur son expérience comme fouilleuse bénévole. Ce texte sensible s’inscrit dans l’action du collectif Les Plumes du Patrimoine portée par ArkéoTopia qui valorise l’écriture et la transmission autour du patrimoine culturel.

Deux semaines sous la terre

Deux semaines à désherber, à gratter la poussière,
à vider des seaux sans fin, dans la chaleur ou la lumière.
Je ne pensais pas qu’un simple trou pouvait demander autant,
ni qu’une truelle pouvait peser avec autant de temps.

Chaque matin, les mêmes gestes, précis, lents, appliqués,
le sol qu’on retourne, la motte qu’on casse, les cailloux triés.
J’ai creusé à la pioche, j’ai creusé au couteau,
et parfois je me disais : “mais qu’est-ce que je fais là, dans ce chaos ?”

Puis il y avait ces moments où quelque chose apparaît :
un bout de poterie, un os, un clou, une clé.
Des restes d’animaux, des morceaux de vies passées,
rien d’extraordinaire, mais assez pour rêver.

J’ai changé de site, de sol, de poussière,
chaque lieu avait sa fatigue, sa lumière.
Et surtout, il y avait les gens — les vrais, les bavards, les discrets —
avec qui on parle d’histoire, ou de tout et de rien,

À la fin, j’avais mal aux bras, au dos, aux mains,
mais j’étais contente, simplement, d’avoir fait ce chemin.
Deux semaines de terre, de seaux, de sueur et de rires,
de petites trouvailles, et d’envie de revenir.

Tess Branchut, le 22/11/2025
Poème sous licence libre CC BY-ND-ND

Contexte du poème

L’archéologie ne se résume pas aux grandes découvertes spectaculaires. Elle est aussi faite de gestes patients, d’efforts répétés, de poussière, de fatigue, de petites trouvailles et de moments partagés sur le terrain. C’est cette réalité, à la fois simple, exigeante et profondément humaine, que raconte Tess Branchut dans son poème Deux semaines sous la terre.

Plongez dans le quotidien d’une fouille archéologique bénévole avec Deux semaines sous la terre, un poème inédit écrit par Tess Branchut et lu à voix haute par l’archéologue Jean-Olivier Gransard-Desmond dans la vidéo. Écrit à partir de son vécu de fouilleuse bénévole, ce texte restitue avec justesse l’expérience concrète du chantier archéologique : désherber, gratter, creuser, vider des seaux, observer la terre, recommencer, encore. Mais il porte également d’autres émotions : le plaisir de découvrir, l’émoi de voir apparaître un fragment du passé et la richesse des rencontres qui se nouent autour d’un même intérêt pour l’Histoire et le patrimoine culturel.

Réalisé dans le cadre du collectif d’auteurs et d’autrices Les Plumes du Patrimoine porté par ArkéoTopia, cette vidéo s’adresse à tous ceux et celles qui s’intéressent à l’archéologie, les fouilles archéologiques, la participation amateur en archéologie, le patrimoine historique, la poésie sur l’archéologie, la médiation culturelle, les chantiers de fouilles et la transmission du patrimoine.

Poème : Deux semaines sous la terre
Autrice : Tess Branchut
Lecture : Jean-Olivier Gransard-Desmond
Action : Les Plumes du Patrimoine
Production : ArkéoTopia
Licence : CC BY-ND-ND 4.0

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